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Descriptif de l'objet :

Taille :
Largeur de tête : 16 cm.

Hauteur :
60,5 cm.

Poids :
580 grammes

Matériaux :
Fer forgé

Pays :
Tchad

Ethnies :
Laka-Baguirmi, Ngambaye

Période estimée :
Années 1880/1900

Autres informations :
Vente Chinon.
Ex: collection Descombes*
Collection Mémoire-Africaine.

Réf. littéraire :
Couteaux de jet ou la collection
d’un peintre. Groupe 2.
The African Throwing Knife
Peter Westerdijk S.P.II (fig1).

*Alain Descombes,
de Périgueux, né en 1942, ingénieur en agronomie tropicale et sculpteur à ses heures perdues.
Ce sont ses études d’agronomie tropicale qui l’orienteront durablement vers l’Afrique.
Il y part dès 1967 ou il séjourne et travaille pendant 34 ans dans plusieurs pays (Gabon, Rwanda, Côte d’Ivoire, Cameroun, Zaïre…).
Il arpenta en long et en large les pistes des pays où il travailla, parcourant la brousse, couchant dans les villages, s’immergeant véritablement dans ce monde « noir ».
Au hasard des rencontres, on lui présenta des objets traditionnels, certains lui furent donnés, certains échangés et il en acheta d’autres.
Cette collection de nature très variée, ses choix s’étant portés sur des objets liés aux circonstances d’une émotion, d’une esthétique, d’une rencontre.
Dans le but de redonner une vie à tous ces objets et de transmettre à d’autres leur réalité, Alain Descombes a présenté l’ensemble de sa collection à la vente.
Cette pièce collectée in situ en fait partie.

 

Laka-Baguirmi — Le Baguirmi, historique

La fondation du Baguirmi est attribuée à un chasseur appelé tantôt Bernim-Bessé et tantôt Dokkengué, qui aurait bâti Massénia (Massenya), la capitale, vers 1513.
Il était païen et ses successeurs le furent comme lui jusqu'à Mâlo (1548-1561), qui prit le titre de mbang et créa les grandes charges du royaume.

C'est Abdallah (1561-1602), fils de Mâlo, qui aurait islamisé le Baguirmi.

Son neuvième successeur, Borkoumanda-Tadlélé (1734-1739), fut un guerrier.
Après avoir dirigé une expédition vers le Borkou et le Kaouar, il vainquit à deux reprises le roi du Ouadaï, Mohammed Ez-Zaouni.

Mais Alaouine (1739-1741) fut vaincu à son tour par l'empereur du Bornou, dont le Baguirmi devint vassal. Mohammed-Alamine (1741-1784) s'empara du Fitri sur les Kouka et secoua la tutelle du Bornou.

Abderramân-Gaourang I (1784-1806) recommença la lutte contre le Ouadaï ; il fut défait et tué par Saboun, roi de ce dernier pays, qui imposa au Baguirmi la suzeraineté du Ouadaï et y plaça comme souverain nominal un fils d'Abderrahmân-Gaourang.
Un autre fils de celui-ci, Tchigama, déposa son frère, fut arrêté sur l'ordre de Sa-boun, amené prisonnier à Ouara, capitale du Ouadaï.
Puis relaxé il revint à Massénia, où il régna sous le nom d'Ousmân-Borkoumanda de 1807 à 1846, payant assez régulièrement le tribut exigé par le Ouadaï.
Il conduisit plusieurs expéditions contre le Bornou et se fit battre par le Kanémi en 1824 à Lédéri, près du Tchad, grâce à deux canons que le major anglais Denham avait donnés au maître du Bornou.
Abdelkader (1846-1858), en dépit d'une victoire remportée sur Mohammed-Chérif, roi du Ouadaï, demeura tributaire de cet État.

Abou-Sekkine (1858-1884) voulut également rejeter la tutelle du Ouadaï ; vaincu et chassé de Massénia en 1871 par le roi du Ouadaï Ali, il reprit sa capitale après la mort de ce prince, en 1875.
La cruauté de son fils Borkoumanda (1884-1885) le fit chasser du pays par ses sujets et remplacer par Abderrahmân-Gaourang II qui, attaqué par Rabah en 1893 (sa capitale brûle en 1893) et menacé de nouveau par ce conquérant en 1896, se vit contraint d'accepter le protectorat français en 1897.

Aujourd’hui Baguirmi n’existe plus qu'en tant que chefferie traditionnelle en relation avec les autorités tchadiennes modernes.

Cheick Mohammed Omar El-tounsy

Cheick Mohammed Omar El-tounsy


Couteaux de jet Laka dans leur étui

Couteaux de jet Laka dans leur étui



Détail couteau Laka-baguirmi   Détail couteau Laka-baguirmi


Forme de tête refermé et jonction d’éperon

Voici un autre Laka côté Baguirmi, le corps est très épais sous l’éperon et d’une largeur correcte.
Cependant ce couteau est assez atypique dans le sens où les pointes sont inversées, on pourrait se dire que c’est un couteau pour gaucher, mais cela ne va pas non plus car l’arête d’attaque se trouve sur la courbe de l’arme.
D’autre part le biseau d’affutage est sur la partie basse du corps, cinq centimètres sous l’éperon et sur l’autre face il est au dessus de ces cinq centimètres jusqu’à la haute pointe.
En fait il faudrait, pour avoir le maximum de partie tranchante de l’arme en contact avec la cible que celui-ci soit lancé les pointes en avant.
Cela parait assez inconcevable car cela casse le mouvement du fait que les pointes formant la tête soient déjà en avant donnant une trop grande impulsion de rotation au départ de l’arme.
De ce fait elle n’irait pas bien loin et la lâcher beaucoup plus tôt ne donnerait pas de précision du tout.
Pourtant si on se base sur tous les modèles déjà décrits et sur le sens de la diminution de la prise en main, ainsi que de l’affutage de l’éperon, il s’avère que ce serait les pointes en avant.

Finalement, peut-être que le forgeron avait bu un peu trop de pili-pili (Bière fermentée).

 

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